dimanche 22 décembre 2013

une femme de lettres syrienne

Maha Hassan, une femme de lettres syrienne

Maha Hassan
Maha Hassan
Maha Hassan, romancière syrienne, née à Alep. Elle vit à Paris depuis 2004, après avoir quitté la Syrie suite à la répression sanglante de la communauté kurde à laquelle elle appartient. Diplômée en droit, Maha s’est consacrée par la suite à l’écriture de roman. Elle a publié quelques livres avant son départ de la Syrie, et a poursuivi son activité en France. Human Rights Watch lui a discerné le prix Hellman-Hammett en 2005. Cordon Ombilical, son avant-dernier roman, a été sélectionné parmi les six finalistes du prix Booker Arabe. Sans se définir comme une féministe à proprement parler, Maha Hassan défend dans ses romans les droits de la femme dans le contexte arabe. Dans Les filles des prairies (Banât al-barârî), elle traite le problème des crimes d’honneur…
Cordon ombilical
Cordon ombilical (2010)
Le sujet de la « femme » revient aussi dans Cordon ombilical. Deux personnages féminins vont occuper la scène du roman où l’auteur fait un tissage très important entre Orient et Occident, dont les aspects principaux sont la question de l’identité, l’appartenance, la relation à l’autre, au monde et au sens de la vie. La romancière y aborde également la question de l’identité kurde, en recherche de patrie.Maha Hassan place son dernier roman, Les Tambours de l’amour, dans le contexte de la révolution syrienne. C’est une fenêtre romanesque sur les évènements de cette révolte dans sa première année. Son personnage principal est une femme, une professeure d’origine syrienne qui vit à Paris.
Elle s’implique petit à petit dans la révolution jusqu’à se rendre sur place en Syrie, après 20 ans d’absence. Le récit qu’elle en fait transforme l’œuvre en une sorte de roman-reportage. Nous pouvons y suivre une tranche des évènements et parcourir les différentes réactions qu’elle engendra allant de l’engagement et de l’activisme d’une jeune génération, vive et créative, en recherche de liberté, en passant par les peurs sous-jacentes de ceux qui ont beaucoup perdu dans cette révolution (membres de leurs familles, maisons, etc.), pour finir par la réticence et la méfiance de certains intellectuels pour qui la révolution manque de structure intellectuelle organisatrice…, l’ensemble mêlé à la vie d’un personnage habité par les évènements et la mort causé par la guerre.
Les Tambours de l'Amour
Les Tambours de l’Amour (2012)
Le monde romanesque de Maha Hassan est souvent peuplé par la présence de personnages attachants, peints avec les nuances que leurs personnalités, riches, dégagent. Nous les aimons à travers la description qu’en fait la romancière, car chacun est perçu sous ses différentes facettes reflétant la complexité de la nature humaine, chacun possédant une particularité attachante.
Les scènes autour des repas, de la tasse de café, du thé, sont très fréquentes dans le monde romanesque de Maha Hassan et nous transportent dans une convivialité typiquement syrienne : l’odeur des plats ainsi que le café et le thé, nous parviennent presque à travers les lignes…
Le style romanesque de Maha Hassan est vif et vivant à la fois. Le lecteur est convié à accompagner une écriture tout en souplesse.
Romans publiés :
- Les Tambours de l’Amour, éditions El-Rayyes, Beyrouth, Liban, 2012.
- Les filles de prairies (roman), éditions El- Rayyes, Beyrouth, Liban, 2011.
- Cordon ombilical, éditions El- Rayyes, Beyrouth, Liban, 2010. (sélectionné sur la liste du prix du roman arabe «Booker»).
- Chants du néant, éditions El- Rayyes, Beyrouth, Liban, 2009.
- Le tableau de la couverture. Les murs de déception sont plus hauts, éditions Nashiron, Syrie, 2002.
- L’infini- récit de l’autre, éditions Al-Hiwar, Syrie, 1995.
Par Rawa P.

la liberté faite femme

Rencontre
Maha Hassan, la liberté faite femme
Romancière issue de la minorité kurde de Syrie, Maha Hassan est née à Alep. Depuis sa jeunesse, elle n'a de cesse de de déconstruire les idoles érigées pour la femme par un Orient dictatorial. Aujourd'hui, elle vit à Paris où elle continue d'écrire contre la ségrégation et l'oppression.

Par Katia Ghosn
2011 - 08
Les idées de gauche, contraires à tout esprit communautariste, inculquées par son père ont marqué tant son itinéraire d’écrivain que ses choix personnels. Les lectures de Nietzsche, Hegel et Marx étaient un must, même si son jeune âge ne lui permettait pas de comprendre tout ce qui s’y disait. « Les Kurdes aiment Nietzsche, dit-elle ; ils considèrent Zarathoustra comme leur père spirituel. » Elle fait des études de droit à l’université d’Alep et, à 20 ans, découvre Sartre et la pensée existentialiste, pensée avec laquelle elle continue encore de débattre, quoiqu’elle ne se sente plus enfermée, depuis déjà quelques années, dans un système de pensée unique. « Je suis sans maître, en politique comme en littérature », confesse-telle. En est-il de même en amour ? Sûrement. Il ne peut en être autrement pour une femme qui n’a de cesse de déconstruire les idoles érigées pour la femme par un Orient dictatorial.

Ses deux premiers romans, al-Lâmutanâhî – Sîrat al-âkhar (L’infini – récit de l’autre) et Lawhat al-ghilâf (La toile de couverture), paraissent en Syrie respectivement en 1995 et en 2002. Elle quitte son pays lors de la répression sanglante de la révolte kurde de 2004 et vit depuis à Paris en tant que réfugiée politique. Tarâtîl al-’adam (Les chants du néant), 2009, Habl Sirrî (Lien secret), 2010, et Banât al-barârî (Les filles des prairies), 2011, sont édités à Beyrouth par Riad el-Rayyes.

Human Rights Watch lui discerne le prix Hellman-Hamett, du nom des deux personnalités américaines, l’écrivain Dashiell Hamett et sa compagne Lillian Hellman, ayant subi dans les années cinquante des répressions politiques dans leur pays. La sélection de son roman Habl Sirrî parmi les six finalistes du prix Booker Arabe a donné plus de visibilité à son œuvre et déterminé critiques et lecteurs à s’y pencher plus sérieusement. Comme quoi les prix littéraires ont aussi leur bon côté… Ce roman, écrit dans un langage épuré et captivant, repose sur la problématique de confrontation entre Orient et Occident telle qu’on la retrouve dans Saison de la migration vers le Nord de Tayyeb Saleh et Le Quartier latin de Suheil Idriss, pour ne citer qu’eux. Les voyages initiatiques de Sophie Biran en Occident et celui en sens inverse de sa fille en font un bildungsroman écrit pour la première fois du point de vue de la femme.

Les crimes d’honneur font l’objet de votre dernier roman, Banât al-barârî. Qu’est-ce qui vous a sensibilisé à ce sujet ?

Le milieu d’où je viens me prédestinait sans doute à être l’une de ces victimes. N’importe quelle femme en Orient, y compris en Inde et dans différentes communautés musulmanes, en est une victime potentielle. La femme chez nous ne s’appartient pas, elle est la propriété du mari et de la famille et se doit de préserver leur honneur. En Syrie, ces crimes sont monnaie courante et échappent à la loi ; 300 femmes sont annuellement sacrifiées pour avoir déhonoré leur famille. Ce chiffre reste approximatif. Les organisations féministes et humanitaires sont incapables d’en recenser le nombre exact car beaucoup de cas restent étouffés. Les femmes finissent par douter de leur virginité quand bien même elles n’ont été touchées par aucun homme. Elles vivent dans l’angoisse de ne pas saigner la nuit des noces car l’absence de ces quelques gouttes de sang signera leur mort certaine. Le sang de toutes ces femmes est collé à ma peau. J’ai dédié ce roman à la mémoire de Hoda Abu Assli, cette étudiante druze en école d’ingénieur, abominablement massacrée pour avoir épousé un musulman sans le consentement de ses parents. L’homme, bourreau principal, est également victime dans la mesure où il est condamné à se transformer en assassin. S’il ne se venge pas pour laver la souillure, sa virilité est mise en cause et la honte le poursuivra. Malheureusement nombre d’intellectuels proclamant haut et fort des idées progressistes restent dans leur vie privée prisonniers de ces lois barbares et moyen-âgeuses.

Comment construisez-vous votre identité ?

L’identité est pour moi un processus en perpétuel devenir et est à construire à chaque fois. Lorsqu’elle se fige, elle piège la personne et se referme sur elle. Provenant d’une minorité kurde dont je parle la langue, élevée dans un environnement arabe auquel j’appartiens également entièrement – j’écris d’ailleurs en arabe –, j’ai vécu dès le départ dans l’espace mouvant et complexe de l’identité. Je suis musulmane tout en étant agnostique et mariée à un Français breton. Le mélange de toutes ces composantes, pas forcément homogènes, façonne et enrichit mon identité vécue dans l’ouverture à autrui malgré que l’autre fut souvent pour moi « cet enfer » dont parle Sartre. L’individu supporte mal d’établir le rapport à autrui sur des terrains fluctuants et tente toujours de l’emprisonner dans des identités closes, plus rassurantes. Je crois que mon œuvre littéraire doit beaucoup à cette identité multiple.

Quelle féministe êtes-vous ?

Je n’appartiens pas à la catégorie d’un féminisme négatif, celui qui affiche une attitude conflictuelle à l’égard de l’homme. L’homme et la femme sont pour moi complémentaires l’un de l’autre et se construisent dans la confrontation bénéfique à l’altérité. Leur relation devrait être de partage, non de rejet. Le féminisme ne consiste pas dans l’enfermement dans une soi-disant nature féminine impénétrable à l’homme, mais dans l’acceptation de l’autre comme faisant partie de soi. De ma grand-mère, une sage femme à la fois crainte et appréciée, fréquentant le milieu des hommes et souvent sollicitée à prodiguer conseils et thérapies, j’ai hérité l’audace de passer de l’autre côté de la barrière. D’ailleurs une des caractéristiques de mon écriture pourrait être, selon l’avis de certains, sa masculinité. Dans le domaine des arts, je récuse le concept de littérature féministe ; ce concept est une invention masculine afin d’instaurer une ségragation entre une littérature faite par les hommes et une autre, celle des femmes, qui serait de moindre envergure. D’ailleurs les couples d’écrivains chez nous ne nous donnent pas d’eux-mêmes une image avant-gardiste : Adonis et Khalida Saîd, Mhammad al-Maghout et Saniya Saleh, Saadallah Wannous et Fayza Chawîch, Mahmoud Darwich et Rania Qabbani, qui a épousé par la suite Patrick Seal, restent dans des schèmes assez traditionnels. Akl el-Awit et Joumana Haddad sont probablement les seuls à avoir outrepassé la règle, montrant qu’un autre mode de fonctionnement entre homme et femme est possible.

Comment définissez-vous l’écriture expérimentale à laquelle vous dites appartenir ? Et où vous situez-vous par rapport aux écrivains de votre génération ?

Une écriture expérimentale n’obéit pas à des lois ou contraintes préalables. Chaque œuvre, tout en se déployant, se crée elle-même et produit du nouveau. Un roman commence souvent par un instant émotionnel. L’idée du départ est de la matière brute qui change constamment au fur et à mesure de l’avancement du travail. Je n’adhère à aucune école et me méfie de l’étiquetage selon les périodes temporelles comme « la littérature après 60 » par exemple. Je suis contre les appellations de « roman syrien » ou « roman libanais » ou autre car l’expérience de chaque écrivain est unique et irréductible à celle d’un autre. Je ne me situe pas non plus dans la mouvance des écrivains syriens de ma génération. Quant aux recoupements et influences, c’est à la critique d’en parler.

Qu’est-ce qui a donné cette ampleur à la révolution syrienne malgré le scepticisme de certains au début à la voir se propager ? Comment voyez-vous l’évolution de la situation ?

Le terrain était préparé par les révolutions déclenchées dans les autres pays arabes. C’était déjà dans l’air. Ce qui a été possible ailleurs l’est aussi en Syrie. Lorsque les Syriens ont osé s’en prendre aux statues du président père et fils et déchiré leurs images, ils avaient symboliquement fait tomber la dictature et franchi un point de non-retour. En torturant sauvagement les enfants à Deraa, puis ailleurs, le régime a touché à un symbole sacré et franchi les lignes rouges de la barbarie elle-même. C’était l’au-delà du supportable. Je ressens tout à la fois une grande fierté et une profonde inquiétude. Je suis fière parce que le peuple syrien a brisé la peur instrumentalisée par le pouvoir pour le maintenir dans la servitude et pris goût à la liberté. Je suis en même temps très inquiète car le rapport de forces est déséquilibré ; le régime ne veut rien moins que la suppression totale et absolue de toute voix dissidente. Dans ses discours, Bachar el-Assad n’a présenté aucune concession réelle et crédible. J’ai le pressentiment que le chemin de la liberté sera long, ce qui signifie plus de répression et plus de sacrifices humains, mais plus rien ne pourra ébranler la détermination du peuple à conquérir sa dignité.

La révolution a-t-elle rapproché les deux peuples syrien et libanais que l’occupation syrienne avait longtemps divisés ?

Je le crois, oui. En tant qu’intellectuels syriens, nous étions contre la mainmise syrienne sur le Liban. Les Syriens et les Libanais sont solidaires pour avoir enduré la même oppression. Ce qui se passe unit non seulement nos deux peuples mais tous les peuples de la région. La dictature qui semblait éternelle est en train de rendre son dernier souffle.

First Book on Syr­ian Upris­ing

Syrian-​Kurdish Writer Pub­lishes First Book on Syr­ian Upris­ing


ARA News
Maha Has­san is a Syrian-​Kurdish Writer, based in France. Recently, she pub­lished her book Drums of Love, which is con­sid­ered the first lit­er­ary work con­cerned with the ongo­ing two-​year-​old Syr­ian uprising.
As the threats and repres­sion against Kur­dish organ­i­sa­tions in Syria increased, Maha Has­san went into exile in France in 2004. “I left Syria in August 2004 because of the increas­ing repres­sion against Kur­dish organ­i­sa­tions, which began in March 2004, and the increas­ing threats against me. I have always felt threat­ened and I have always feared every rep­re­sen­ta­tive of the state, even the traf­fic police­man. The police have always med­dled with my life – even in my pri­vate mat­ters. Two days before the begin­ning of the war in Iraq [in 2003], while the rest of the world had its eyes on that coun­try, the Syr­ian author­i­ties brought me in once again for ques­tion­ing for a rea­son I still do not know,” She said in an inter­view with IRIN.
Has­san added to the spe­cial­ized paper with the human­i­tar­ian affairs: “The rea­sons I was banned from pub­lish­ing in Syria were, as stated by the Human Rights Watch, because the author­i­ties con­sider my writ­ing too lib­eral, too fem­i­nist, and ‘morally con­demnable’. I was writ­ing on the three taboos – pol­i­tics, sex and reli­gion. If I do not write on these top­ics, what’s left to write about?”
Has­san revealed to France Press that her new book basi­cally mon­i­tors the Syr­ian soci­ety, espe­cially in both of Dam­as­cus and Aleppo, amid the grow­ing cri­sis in her country.
“The events start in 2010, then Drums of Love depicts the launch of the Syr­ian pro-​democracy rev­o­lu­tion in 2011, and the posi­tion of the Syr­ian intel­lec­tu­als from the rev­o­lu­tion and devel­op­ment of the hap­pen­ings is also described,” Has­san said.
Regard­ing her inten­tion to write the book, Has­san stated: “there is no direct rea­son, but the rev­o­lu­tion­ary envi­ron­ment and atmos­phere sur­round­ing the Syr­ian scene nowa­days. In fact, I felt the cries of the Syr­i­ans mov­ing me from inside, and I had to con­vey their voices through my words.” 
Maha Has­san doesn’t shed the light on the polit­i­cal devel­op­ments on the inter­na­tional arena regard­ing the sit­u­a­tion in Syr­ian, “my novel is rather based on the real­ity the Syr­i­ans live, their suf­fer and the way how they sur­vive with the daily hap­pen­ings on the Syr­ian arena. Com­mu­ni­ca­tions between activists and the role of the social media in also included.”
Has­san con­sid­ers her novel as a pros fic­tion genre, despite the fact that it is based on real hap­pen­ings; “names of real activists, pris­on­ers, and mas­sacres are used in the novel.”
“I believe that there are some peo­ple who have indi­rectly par­tic­i­pated in the writ­ing of the book; some friends with whom I agree and dis­agree on many issues con­cern­ing the Syr­ian rebel­lion, and our dis­cus­sions and obses­sions are described in the course of this novel,” she said. “There is more con­cen­tra­tion on the peace­ful method with which this rev­o­lu­tion began, before turn­ing into an armed con­flict, and I tried to keep it as objec­tive as pos­si­ble, regard­less of my sym­pa­thy with the vic­tims of the bru­tal­ity prac­ticed on civil­ians and peo­ple I per­son­ally know.” 
Regard­ing the pres­ence of the Kurds in her book, Has­san said: “Is is impos­si­ble to talk about the Syr­ian soci­ety with­out includ­ing the Kurds as a gen­uine com­po­nent of this soci­ety. Of course the Kurds are present in my novel, along with the other com­po­nents that are com­bined together in a col­lec­tive pic­ture to con­sti­tute the Syr­ian society.”
Has­san con­sid­ers her­self as hav­ing a dual-​identity. “For me, the Kur­dish iden­tity con­sti­tutes my per­son­al­ity psy­cho­log­i­cally and spir­i­tu­ally, and it nour­ishes my imag­i­na­tion. How­ever, I think and write in Ara­bic, but still the Kur­dish lan­guage is the source of my inspiration.”
“My polit­i­cal posi­tion in respect with the sit­u­a­tion in Syria is the same as that of most of the Syr­i­ans; the estab­lish­ment of a demo­c­ra­tic, plu­ral­is­tic state, under the name of ‘Syr­ian Repub­lic’ as it was before the rule of the Baath Party. More­over, I don’t sup­port the demand of sep­a­ratism, because Syria would be richer with the diver­sity of its society’s com­po­nents,” she said.
“The only way to move for­ward would be chang­ing the cur­rent régime through demo­c­ra­tic elec­tions and by allow­ing other par­ties to lead the coun­try. For the last 40 years, dur­ing the pres­i­den­tial elec­tions in Syria there was only one can­di­date. I ask for the sup­port of all inter­na­tional human­i­tar­ian organ­i­sa­tions to obtain the release of all polit­i­cal pris­on­ers and pris­on­ers of opin­ion in Syria,” Has­san concluded.
By: Adib Abdul­ma­jid — ARA News

lundi 17 décembre 2012

http://www.alqabas.com.kw/node/449612

عن «طبول الحب» السورية




مها حسن: كيف نصدق أن ما يحدث «واقعي»؟

ليلاس سويدان

عن الثورة السورية وفي محاولة لرصد مواقف السوريين والمثقفين منها، أصدرت الروائية مها حسن، السورية المقيمة في فرنسا روايتها الأخيرة «طبول الحب»، وذلك من خلال رصد عدة نماذج ثقافية داخل الرواية وعرض وجهات نظرها عن الأحداث الدائرة من خلال الحوارات داخل النص.



تدور أحداث الرواية- التي صدرت عن دار الريس- كما قالت الكاتبة حول الأستاذة ريما التي قررت العودة لبلادها بعد سنوات عاشتها في باريس.



وتعيش ريما التي كانت قد تركت سوريا منذ سنوات واستقرت في فرنسا، قصة حب غريبة عبر الفيسبوك، ثم تقع أحداث الثورة في سوريا، وينشب خلاف بينها وبين الشاب الذي تحبه، حول موقف كل منهما من عسكرة الثورة، مما يدفعها للنزول إلى بلادها والتعرف إلى الوضع بدقة بعد سماعها الكثير عما يجري من بعيد. وتضيف مها حسن أن ريما تصل إلى دمشق حيث منزل عائلتها، لتلتقي بعدة نماذج هناك، محاولة التعرف إلى مواقف هؤلاء الأشخاص مما يحدث في سوريا، ثم ينتقل بها المطاف إلى حلب مسقط رأس الكاتبة نفسها، وذلك بهدف الاقتراب من ريف إدلب، حيث يعيش حبيبها، لتلتقي أثناء ذلك بنماذج أخرى من السوريين.


أصعب الأعمال



عن سؤال حول رؤيتها لتجربتها الحديثة مقارنة بتجاربها الروائية السابقة أجابت الكاتبة:



اعتبر هذه الرواية من أصعب الأعمال التي كتبتها، بسبب خصوصية الموضوع وحساسيته.



أن نكتب عن تجربة حقيقية، يختلف كثيراً عما نكتبه عن قصة متخيلة، وخصوصا حين يكون الموضوع مرتبطا بمصير شعب كامل. أن يحيا أحدنا ملحمة واقعية، يحاول في كل خمس دقائق وهو يحيا حوادثها ألا يقع في غيبوبة الحلم، ويحافظ على تماسكه، بأن مايحدث واقعي، أمر صعب. لقد عانيت كثيرا، ولا أزال أعاني فعل الكتابة ذاته في هذه الحرب الطاحنة. وأنا أسميها حربا.




معاناة الكتابة



وتتابع مها الحسن: معاناة الكتابة شعور متداخل هنا، فلا يكفي الأرق الإبداعي وهو يشعر بضآلته أمام الملحمة الشعبية، بل يأتي الحكم على الكتابة بحد ذاتها، كفعل تأثيمي أثناء الألم.



يعتقد البعض أننا نكتب من أجل فرص الظهور، وهذا ظلم كبير، لأن الظهور نفسه، والذي يخشاه المبدع، هو وجع كبير، في هذا الدم. ومن ناحية أخرى، وفي السياق ذاته، هناك أصوات تعتب على الكتابة غيابها عن الفعل الثوري. لهذا فالكاتب يعيش حالات من التقلّب الانفعالي، بين هاجس الكتابة، واستيعاب دهشة المشهد واحتوائه، وممارسة دوره النقدي الذي يؤمن به، ولا يكون على هامش الحدث أو مجرد متفرج حيادي، وأخيراً في القلق الفني حول إمكانية إنتاج نص بمستوى الحدث.







حكم مسبق



● ما هي محاذير الكتابة عن حدث تاريخي مستمر حتى الآن وتجربة ربما لم نستطع حتى هذه اللحظة استيعابها وقراءتها بشكل حيادي ونقدي متجرد؟



- اعتقد أن هذا السؤال يحمل فخّ الاتهام الذي تحدثت عنه للتو. وكأن الكتابة في زمن الثورة التي لم تحسم بعد، عمل ناقص، وهذا برأيي من حالات الحكم المسبق على حرية المبدع، أنا ككاتبة، ليس أمامي فعل سوى الكتابة ذاتها، هذا من ناحية، ومن ناحية أخرى، إن توصيف اللحظة الراهنة، والتقاطها بطزاجتها، إبداعيا، هو فعل إيجابي. الرواية ليست بحثا أو دراسة حتى ننتظر الوقت لتنضج التجربة.







مرحلة جديدة



● قلت في احد حواراتك الصحفية ان الأدب السوري بعد الثورة يدخل مرحلة جديدة. كيف ترين ملامح المرحلة؟



- هذا السؤال نقدي ولا يستطيع الروائي الإجابة عنه، هنا نستطيع الكلام عن انتظار اختمار التجربة وانتظار الكتابة القادمة.



حتى اللحظة، هناك ثلاث روايات عن الثورة بينها روايتي، لم أقرأ الروايتين الأخريين، لكنني أعتقد أن كلا من الروائيين الثلاثة عالج الرواية والثورة من وجهة نظر فنية مختلفة، أعتقد أنه على النقاد لاحقاً، دراسة سمات هذا الأدب، الذي اعتقد أنه سيسم الأدب السوري لمرحلة قادمة، وربما لفترة طويلة، بسبب ما خلفته آثار هذه الثورة من مشاعر كثيرة وجديدة في المجتمع السوري.







غير متفائلة



● عاشت الثقافة والأدب السوري ضمن ضوابط وقيود لعشرات السنوات. فهل تفتح هذه الأحداث ونجاح الثورة السورية المجال لإعادة كتابة التاريخ بشكل مختلف؟



- للأسف، لست متفائلة بهذا الخصوص، لا أعتقد أن ما يسمى بالربيع العربي سيصل ويتحقق قريبا، هذه الثورات تتم على مراحل، أخشى كثيرا على تراجع حرية الفكر والكتابة والتعبير، بسبب غياب الكثير من الجانب الثقافي في هذه الثورات، طبعا ويتحمل الاستبداد المسؤولية عن سوء الوضع الثقافي حالياً، وعن ازدياد سوئه لاحقاً.

http://www.alarabiya.net/articles/2012/11/01/247120.html

واشنطن - محمد زيد مستو


أصدرت كاتبة سورية رواية تدور أحداثها خلال الانتفاضة التي تشهدها بلادها منذ العام الماضي، في محاولة لتوصيف الثورة بسوريا ورصد المواقف المختلفة منها.



وتدور قصة رواية "طبول الحب"، حسبما صرحت به الكاتبة مها حسن لـ"العربية.نت"، حول الأستاذة "ريما" التي قررت العودة لبلادها بعد سنوات عاشتها بباريس.



وتعيش ريما، التي كانت قد تركت سوريا منذ سنوات واستقرت في فرنسا، قصة حب غريبة عبر الفيسبوك، ثم تقع أحداث الثورة في سوريا، وينشب خلاف بينها وبين الشاب الذي تحبه، حول موقف كل منهما من عسكرة الثورة، ما يدفعها للنزول إلى بلادها والتعرف إلى الوضع بدقة بعد سماعها الكثير عما يجري من بعيد.



وتضيف الكاتبة في روايتها التي صدرت مؤخراً عن دار الريس في بيروت، أن ريما تصل إلى دمشق حيث منزل عائلتها، لتلتقي بعدة نماذج هناك، محاولة التعرف إلى مواقف هؤلاء الأشخاص مما يحدث في سوريا، ثم ينتقل بها المطاف إلى حلب مسقط رأس الكاتبة نفسها، وذلك بهدف "الاقتراب من ريف إدلب، حيث يعيش حبيبها"، لتلتقي أثناء ذلك بنماذج أخرى من السوريين.



وتحاول الكاتبة توصيف مواقف السوريين من الثورة ولا سيما المثقفين منهم، وذلك من خلال رصد "عدة نماذج ثقافية داخل الرواية وعرض وجهات نظرها عن الأحداث الدائرة من خلال الحوارات داخل النص".



أدب الثورةوتأتي هذه الرواية التي تعتبر أول رواية تتناول الوضع الحالي في سوريا التي تشتهر بعدد كبير من الأدباء، بعد أسابيع من لقاء أجرته "العربية.نت" مع الشاعر السوري ياسر الأطرش، والذي كشف خلاله عن ديوانه الشعري الجديد تحت الطباعة "أنا إنسان"، والذي سيعد أول ديوان شعري عن الثورة السورية.



وعبرت الروائية مها حسن، التي تقيم في فرنسا، عن اعتقادها بأن "الأدب السوري يدخل مرحلة جديدة ومختلفة"، موضحة أنه إذا كان هناك "أدب السجن" الذي ميز بعض التجارب السورية، وفترة "أدب النكسة"، فإن أدب الثورة السورية سيكون "منعطفاً فنياً وفكرياً" في أدب المرحلة القادمة.



والروائية السورية مها حسن، مقيمة في فرنسا، وقدمت العديد من الروايات، من بينها "اللامتناهي ـ سيرة الآخر"، ورواية "تراتيل العدم"، و"حبل سُرّي"، كما حصلت على جائزة هيلمان التي تنظمها منظمة "هيومن رايتس وتش" لحقوق الإنسان عام 2005.

mercredi 15 août 2012

‮‬حبل سري‮ :‬‮ ‬حريتي من أجل وطني‮


د. شيرين أبو النجا ـ أخبار الأدب

تبدو المسألة الكردية أحد شظايا الاشتعال السوري وهي في القلب منه أيضا‮. ‬ولأنها من أكثر المسائل حساسية في العالم العربي بوصفها أحدي مسائل الهوية فإن مها حسن الروائية السورية‮ (‬الكردية؟‮) ‬تعبر عنها كما هي بدون تزييف أو تجميل في روايتها الثالثة‮ "‬حبل سري‮" (‬الكوكب رياض الريس،‮ ‬2010‮) ‬فتكتب عن‮ "‬الترحال الكردي،‮ ‬ولماذا لا يحس الكردي بالانتماء إلي المكان،‮ ‬وخاصة إذا كان ذلك الكردي امرأة‮. ‬أي لماذا لا ترتبط الكردية بالوجود،‮ ‬ولماذا تظل تحت الوجود،‮ ‬وخلفه،‮ ‬لا في العدم،‮ ‬بل علي حافة التواجد،‮ ‬لا موجودة ولا معدومة،‮ ‬بل منفية في الفيصل بين العالمين؟‮" ‬عبر قصة‮ ‬غاية في المحلية تسرد تفاصيل حياة أسرة كردية ممتدة تعيش في حلب،‮ ‬تتمكن مها حسن من توظيف هذه المحلية لتعيد طرح أسئلة قديمة في سياقات جديدة‮. ‬

تنشأ حنيفة في ظل أسرة كردية‮ ‬نمطية،‮ ‬فالأب متزوج من امرأتين‮ (‬كردية وعربية‮) ‬تشتعل بينهما المشاكل المعتادة فيقرر‮ (‬أو بالأحري تقرر له العائلة‮) ‬أن يطلق واحدة منهما،‮ ‬وهو ما يؤدي إلي رسم أقدار حنيفة التي تعاني من النبذ والإقصاء بعيدا عن جو الأسرة‮. ‬ولأنها لا تشبه أمها كثيرا تتحول العمة‮- ‬حنيفة أيضا‮- ‬إلي الأم الروحية الحقيقية،‮ ‬ولذلك ينفطر قلبها عندما تختفي حنيفة الصغيرة‮. ‬بهذه الواقعة تتشكل رؤية حنيفة للعالم من حولها،‮ ‬فيبدأ الترحال علي المستوي النفسي مع المحاولة الدائمة للامساك بجوهر المعني الغائب عنها‮. ‬بيد أن هذا النبذ والتهميش الأولي يتجلي في شكل تميز وتفرد يمسك عصب السرد من البداية حتي النهاية‮. ‬فالنبذ هو ما يدفع حنيفة إلي طرح الأسئلة منذ أن كانت تلميذة بالمدرسة،‮ ‬وإذا كانت الأسئلة حينها تدور حول‮ "‬لماذا‮" ‬فإن الأسئلة تطورت لاحقا‮- ‬بعد انتقالها إلي فرنسا‮- ‬لتحاول الوصول إلي‮ "‬كيف‮"‬،‮ ‬كيف يمكن تحديد الهوية الكردية التي لم يكن لها وطنا،‮ ‬كيف يمكن الشعور بالانتماء الذي لم يتوافر من قبل‮. ‬تدور أفكار حنيفة‮- ‬التي تتحول إلي صوفي في فرنسا‮- ‬بسرعة كبيرة وبشكل‮ ‬غير مترابط أحيانا في تلك المساحة الجدلية التي ترسم علاقة الهوية بالوطن،‮ ‬وإذا كانت هذه العلاقة تكمن في قلب المسألة الكردية،‮ ‬فإن الأمر يتضاعف مع حنيفة بوصفها امرأة‮. ‬

استفاضت الأدبيات النقدية النسوية في تحليل فكرة الهوية التي تتشكل بين ثقافتين،‮ ‬بين عالمين،‮ ‬كل منهما يحمل لغته وتراثه وتاريخه‮. ‬وقد أدت هذه الأدبيات وغيرها‮- ‬التي لم تعتمد علي التنظير فقط‮- ‬إلي تقويض الفكرة السائدة عن الهوية بوصفها ثابتة علي مر الزمان واختلاف المكان‮. ‬شكلت حنيفة هذه الهوية المتعددة برغبتها،‮ ‬أملا في الهروب من ماضي مؤلم،‮ ‬إلا أنها ظلت تتأرجح بين العالمين ولم يكن لها مكانا في النهاية سوي أن تقبع في المنطقة الفاصلة بينهما تحاول أن تمسك بخيط واحد ولا تنجح،‮ ‬يتمكن منها القلق الوجودي وتدرك أنه القدر‮: "‬لا أستطيع العودة إلي الوراء،‮ ‬ولا العيش في الآنية،‮ ‬لا مصير لي سوي الترحال الأزلي،‮ ‬الخروج الأبدي،‮ ‬وكأن البيوت لم تصمم لتكون لي‮...". ‬تترك كل شيء‮ ‬غير مكتمل لتبحث عن‮ ‬غيره يحقق لها المراد،‮ ‬ولا تجد ملاذا سوي السباق مع الريح‮- ‬وسيلة هروب‮- ‬في السيارة أو علي الدراجة،‮ ‬فتترك حياتها‮ ‬غير مكتملة وتفقدها في لحظة سرعة جنونية‮. ‬وكأن الموت‮- ‬ليس بمعني الانتحار‮- ‬هو ما كانت تبحث عنه صوفي/حنيفة‮. ‬تترك حياتها بشكل مفاجئ وتوكل الآخرين ليكملوا لها الأجزاء الناقصة من الصورة‮. ‬تموت صوفي لتصبح أكثر حضورا في السرد وفي حياة الشخصيات عبر كل وجودها السابق وبصماتها،‮ ‬وعلي المستوي المادي تترك أكبر مشروعين‮: ‬الأول هو رواية بدأتها تشتبك فيها مع‮ "‬الخيميائي‮" ‬لباولو كويلهو‮ (‬كيف تريد الشيء بشدة حتي تحصل عليه‮)‬،أما المشروع الثاني فهو ابنتها باولا التي تركتها صغيرة وقام آلان‮- ‬رفيق صوفي في حياتها‮- ‬بتربيتها‮. ‬

إذا كان التسلسل الأمومي قد بدأ بالعمة الكبيرة حنيفة ومر بصوفي فإنه يستمر مع باولا،‮ ‬التي تعلن‮: "‬أحس أحيانا أني شبح أمي،‮ ‬أني لست أنا بل جزءا اقتطعته أمي وتركته هنا،‮ ‬وها هو يكبر مع الأيام،‮ ‬ويصيرها،‮ ‬أنا لن أصبح أنا،‮ ‬وأحقق وجودي الخاص بي،‮ ‬ما لم أحل لها مشاكلها،‮ ‬لا تزال صوفي تنظر إلي العالم بعينين مفتوحتين،‮ ‬أريد أن تغمض عينيها وترتاح‮". ‬هكذا تعود باولا إلي الوراء متتبعة خطوات أمها ليحط بها الرحال في مسقط رأس أمها‮. ‬تعيد باولا كافة التفاصيل في وسط العائلة الممتدة،‮ ‬حتي ينتهي بها الأمر إلي الزواج من روني لتنجب الزا ويستمر التسلسل الأمومي‮. ‬في إقامة باولا في حلب تعيد مها حسن سرد التأرجح بين ثقافتين من منظور مختلف،‮ ‬وتضمن حكايات النساء هناك التي تستمع لها باولا،‮ ‬لتكشف عن الإشكالية الأزلية الكامنة في الثقافة‮: ‬الحرية،‮ ‬بمعناها الفلسفي الذي لابد وأن ينعكس علي الواقعي‮. ‬تفهم باولا المسألة الكردية في علاقتها بالديمقراطية الممنوعة،‮ ‬وتفهم أنه من أجل القضية الكبري لابد وأن تسحق الحريات‮ "‬الصغيرة‮"‬،‮ ‬وتتأكد أن حبها لروني قد بدأ ينقل حياتها من خانة الحرية المفروغ‮ ‬منها إلي خانة الخضوع طواعية،‮ "‬أنا كامرأة ما لم أستطع أن أكون حرة في تصرفاتي الصغيرة،‮ ‬كيف سأدافع عن الحريات الكبري،‮ ‬حريات الاعتقاد،‮ ‬الحريات السياسية،‮ ‬الحريات الوجودية‮...". ‬بتتبع خطوات أمها تجد باولا نفسها في ذات المأزق الذي مرت به صوفي وهو ما يدفعها إلي العودة مرة أخري إلي فرنسا لتضع حملها هناك‮. ‬

إن الأسئلة التي تطرحها رواية‮ "‬حبل سري‮" ‬تمس جوهر ومعني الحرية،‮ ‬حرية العيش في الأوطان،‮ ‬وحرية اختيار الانتماء‮. ‬وهي الأسئلة التي تعيد طرح العلاقة بين حقوق النساء وبين حقوق الأوطان،‮ ‬تلك الإشكالية التي بدأت منذ عهود الاستقلال ولم تنته حتي الآن‮. ‬فالأوطان دائما ما تؤجل حقوق وحريات النساء من أجل العمل علي‮ "‬القضايا الكبري‮"‬،‮ ‬ومن أجل إرساء الديمقراطية تدريجيا،‮ ‬فينتهي الأمر إلي إخضاع وخضوع النساء بوصفه أمرا مقررا سلفا ومفروغا منه‮. ‬ولإعادة طرح مسألة الحرية والهوية يوظف السرد التقابل بين الشرق والغرب بمنظور مختلف كليا عن الأعمال الأدبية المعروفة في هذا السياق،‮ ‬فينتفي عن الرواية صفة طرح حوار بين الثقافات أو عقد مقارنة‮. ‬في بحث باولا في‮ "‬التيه‮"- ‬تيمنا بالخيميائي‮- ‬تصل إلي الجوهر الذي بحثت عنه صوفي طويلا،‮ ‬وفي بحثهما معا يبقي آلان كشاهد‮ (‬كاتب‮) ‬علي تسلسل أمومي قوي يعتمد علي ما يشبه تناسخ الأرواح‮. ‬وكما تتداخل الأرواح تتداخل الكتابة فلا نستطيع تحديد من الذي يكتب‮: ‬صوفي أم حنيفة أم آلان أم باولا



vendredi 15 juin 2012

الحلم لملء فراغات الواقع

الحلم لملء فراغات الواقع


وُلدت في بيئة ميتافيزيقة، تؤمن بالغيبيات، بقراءة الفنجان، والتفسير الشعبي الشفهي للأحلام. كان لديّ متلازمة صباحية، بأن ألجأ إلى أمي، باعتبارها مصدري الرسمي للتفسير، في كل صباح: شو يعني الميت في المنام؟ شو يعني البكاء؟ ...الخ. وكانت تفسيرات العرّافة أمي تأتيني دوماً موافقة لرغباتي، فالموت هو الولادة، والبكاء هو الفرح، والولادة خبر،... ولأن مناماتي غالباً كابوسية مبنية على الخوف والضياع والمطاردة ... فإن تفسيرات أمي، كانت دوماً مشجّعة للذهاب طوعياً ربما إلى هذا النوع من الأحلام القاسية، لتخفيف قسوة الواقع، عبر تصديق رموز الحلم.

لاحقاً، خرجت من مدرسة أمي لتفسير الأحلام، وطوّرت مرجعيتي، فذهبت، كما يفعل أغلبنا ربما، إلى أول خطوة علمية، أي لدى السيد فرويد.

قرأت تفسير فرويد للأحلام، واستمتعت بتواطؤ اللاشعور، وهو يقدّم لنا وجبات لذيذة، عبر تحوير رغباتنا وتحويلها، كما استمتعت بلعبة الرموز التي تشبه فكّ المعادلات الرياضية أو اللعب بالألغاز، عبر الغوص في تحليل مناماتي.

من مبدأ أن الحلم، هو تحقيق أمنية، وفق فرويد، كنت أنقّب عن رغباتي الخفية، وسط مناماتي، أستمتع بفك شيفرات حلمي، كأنني أتعرّف عليّ وأكتشفني في كل حلم.

أعترف بأنّني كائن ميتافيزيقي، وهذه الصفة، أثرت عالمي الروحي، وسهّلت عليّ حرية الكتابة، إذ أكتب، كما لو أنني أحلم. وللحلم تواجد كبير في أغلب رواياتي.

طوّرت مهاراتي قليلاً، وذهبت إلى" تفسير الأحلام" لبيير داكو، الكتاب الصادر لدى وزارة الثقافة السورية، والذي يتضمن إضافة للشروحات، بعض المفردات الواردة في الأحلام وتفسيرها، كنت أقلّب صفحات المفردات، باحثة عن مفردتي الواردة في حلمي.

تعلمت قليلاً مهارة تحليل حلمي عبر التفسير الذاتي، محاولة مواجهة "لاشعوري" بوصفه شرطيّ يحاول إخفاء الحقيقة عنّي، ومارست هذا التدرب، عبر كتابة أحلامي.

أثناء تدوين الحلم، كنت أكتشف التفسيرات، وإن كانت اللعبة الجميلة، المتقاطعة، مع جمالية الكتابة الإبداعية، هي تعدد التفاسير. إذ إن الأحلام، ليست كالرياضيات، تحتمل عدة تفاسير، لا يمكن في النهاية حسمها، إلا من قبل الحالم نفسه، لأن اللفظة أو الشيء المحلوم به، يختلف من شخص لآخر، حسب علاقة هذا الشخص بالمحلوم به. فالكلب مثلاً، مخلوق محبب لدي، وفق تفسير أمي، الكلب هو صديق، ووفق تفسير ابن سيرين الكلب هو رجل سفيه، ووفق بعض المراجع الفرنسية هو رمز الأب، أو الإخلاص، أما بالنسبة لي، فهو الحماية المعكوسة. لأن علاقتي بكلبتي، لا تعتمد على أنها تحميني، بل على أنها بحاجة إلى حمايتي. ورود الكلب في منامي إذن، هو كائن يحتاج الي، وهذا مثال على اجتهادي في شخصنة كل منا في تفسير حلمه، وفق علاقته الشخصية بالمحلوم به.

قرأت الأواني المستطرقة الذي سجل فيه بروتون أحلامه، وحاول تحليلها. وحلمت دوماً بتدوين أحلامي، ولم أفعل، بسبب الكسل.

منذ عامين تقريباً، بدأت بفعلها. كان ذلك الحلم، الذي وجدت رسالته الواضحة لاحقاً، سبباً لتدوين أحلامي، إذ دخلت في حالة ميتافيزيقية جديدة، أن لاشعوري، يحميني من الصدمة، فيرسل لي برسائل مبكرة، عليّ التقاطها. وهذا ما قلته لفيرونيك، محللتي النفسية، التي كنت أستمتع بالثرثرة معها، حول الكتابة واللاشعور، إذ قلت لها ذات يوم، جملة وردت في أحد أحلامي، وراقت لي كثيراً: أن الأحلام هي مؤسسة أو جمعية لحمايتي من الواقع.

الرسالة الأولى التي تلقيتها في حلم لي، تتعلق بعمّتي، التي كانت بمثابة أمي الروحية، وأغلى كائن لدي. رأيتها عارية، تُجبر بعيون هلعة، رافضة، على الدخول في نفق ضيق، عارية، نحو حمام مليء بالعراة.

يأتيني تفسير أمي التلقائي، باعتباره أول مدارس تفسير الأحلام التي تتلمذتُ عليها، قبل التنقيب عن غيره من تفاسير، العريّ بحسب مدرسة أمي، هو الموت. رؤية عارٍ في المنام، هي خبر موت.

بعد أيام قليلة، ماتت عمتي. ولكنني نسيت أمر الرسائل.

في فرنسا، جاءت الرسالة واضحة وقوية، إذ حلمت أنه لدي موعد في المشفى، لإجراء تحاليل طبية وجدتني أضيع في المشفى، وأدخل سراديب قذرة ملوثة بالدهن البشري والدماء السميكة وكأنني في مسلخ حيوانات. الحلم طويل ومدوّن في المخطوطة التي أعمل عليها، وهي طويلة الأمد، قد تستغرق عشرات السنوات، دوّنت فيها تفاصيل الحلم المرعب، المقزز.

بعد يومين فقط من هذا الحلم، تعرض أحد أهم الأشخاص في حياتي لأزمة عنيفة، كادت تودي بحياته، وقضيت ليلة حتى الصباح في أروقة المشفى مع الممرضين والأطباء، من طابق لآخر، ومن غرفة لأخرى.

اعتبرت أن ذلك الحلم، بمثابة تنبيه لي، لم ألتقط الرسالة، لكنني على الأقل، تهيأت نفسياً، عبر بشاعة الحلم.فقررت تدوين أحلامي، المهمة، والمميزة.

بدأت بكتاب "لاشعوري" الذي أتحدث فيه عن أحلامي المهمة.

ثمة أحلام فنية أستمتع بها، كأنني داخل فيلم يصنعه لاشعوري، أو رواية يكتبها، وهذه الأحلام بالذات، تتطور في اليقظة، إلى كتابات واقعية، أدبية. حتى أنني أحياناً أذهب إلى النوم، كي أحلم، وأستمتع بفيلمٍ غير منتظر.

الكثير من كتاباتي، وعناوين كتبي، أعثر عليها في الحلم.

أتعمّد أن أحلم، أقود حلمي، عبر التحضّر له في أحلام يقظة سابقة وممهّدة، وغالباً ما أفشل. لكنني أوّفق في عناوين كتبي، التي تأتيني في أحلام تدور بين النوم واليقظة. فأستسلم لتفكير مراقب رخوٍ، يمدّني بالأفكار الجديدة، والكثير من منابع الكتابة.

الأحلام الكبيرة أو الرئيسية، تفتح أمامي طاقات من المخيلة ونبش الذاكرة، كيف تأتيني في الحلم، صورة صديقة لم أرها منذ عشرين سنة مثلاً، لأقوم بجولة معها في شوارع باريس، ونتسوق ونضحك كمراهقتين، وواقعياً لا أعرف عنها أي شيء، ربما هي أم لمجموعة أولاد، ولا يُسمح لها بالخروج دون محرم.

لكن تفسير أحلامي، التي أكتبها، تدهشني، فيكون كل حلم، وتفسيره الذي لا يأتي في اللحظة ذاتها، بل على دفعات، بمثابة نزول خطوة نحو أعماقي، نحو لاشعوري، نحو معرفة ذاتي الخبيئة عني، ومن منّا، يعرف نفسه تماماً!

أعتقد أن الحلم والواقع وجهان لعيش واحد،إذ يتمّم الحلم نقص الواقع، ولو طبقنا الحلم، كورقة أو قطعة قماش، ووضعناه فوق الواقع، لامتلأت فراغات الواقع عبر الحلم، وفراغات الحلم عبر الواقع. الحلم هو قراءة السطور الناقصة للواقع. بل هو نحت وروتوش للواقع، لفهمه أكثر، لتجميله، أو لتقبيحه. الحلم وسيلة لفهم الواقع، وبالنسبة لي ككاتبة، طريق لا غنى عنه، للتأكد من كتابتي، التي يصادق عليها حلمي. أي حلم أدبي يتعلق بكتابتي، هو بمثابة خاتم اللاشعور وموافقتي العميقة على ما أكتب. لولا الحلم، لنقصني الكثير من يقين الكتابة، التي أفتقدها دائماً، ويخفف الحلم من مخاوفي حولها.
 مها حسن ـ السفير الثقافي